Les banques s'intéressent décidément beaucoup à la presse


Après le Crédit Mutuel à l'est, c'est au tour du Crédit Agricole de s'intéresser de près à la presse en prenant 25% du capital du groupe La Voix du Nord.

Les banques s'intéressent décidément beaucoup à la presseA écouter les anciens, ceux qui ont appris le métier au plomb et qui calculaient leurs maquettes en cicéros, les papivores ont disparus ou presque. Révolue, la fameuse époque de ces grands patrons de presse, rachetant à tour de bras tous les journaux qu'ils voyaient, en créant même parfois. Douce période oubliée où les hommes d'affaires à l'ancienne se passionnaient pour une presse papier qui n'intéresse plus personne.
Révolue ? Pas tout à fait, notre bonne vieille presse papier intéresse toujours les hommes d'argent, mais plus les même. Désormais, ce sont les banquiers qui investissent dans les journaux.

Après le Crédit Mutuel qui, sous l'égide de l'étonnant Michel Lucas, a racheté quasiment tous les journaux du grand est de la la France, c'est désormais au tour du Crédit Agricole Nord de France de rentrer dans la danse, par le versant Nord. La banque verte, au moins par son logo, a en effet annoncé hier son entrée au capital du groupe La Voix du Nord. Ou plus exactement, en langage de banquier justement : " une prise de participation de la banque dans le groupe de presse et le développement de synergies industrielles au service de leurs clients respectifs " (la jolie prose de communicant que voila...).

Concrètement, le Crédit Agricole prend donc 25% du capital du groupe et pourrait monter d'ici 2016 à 35%. Et il y a fort à parier que la banque ne s'arrêtera pas la. A travers le groupe Voix du Nord qui édite donc le journal éponyme, mais quatre aussi quatre autres quotidiens (dont le Courrier picard, qui vient de sortir une nouvelle formule, ou encore Nord Lilttoral), 15 hebdos régionaux et possède également une web tv régionale, c'est sûrement la maison mère, le groupe Rossel, que le Crédit Agricole vise.
Allons-nous bientôt recevoir nos relevés de compte glissés
dans les pages de notre quotidien régional ?

Les banquiers font-ils de bons patrons de presse ? Difficile à dire. Si le Crédit Mutuel affirmait fièrement il y a quelques semaines que ses journaux étaient redevenus rentables, il est difficile d'en tirer une leçon valable pour tous tant son patron, Michel Lucas, est un personnage à part, même dans son "milieu d'origine" (je lui avais consacré un portrait il y a quelques mois, retrouvez-le ici).
En attendant, les clients du Crédit Agricole pourraient se voir abonnés d'office au quotidien de leur zone. Une façon simple et peu coûteuse de faire monter les ventes. Il n'y aura plus qu'à glisser les relevés de comptes dans le blister des abonnés.



23/02/2011 06:59:47
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