C'était couru d'avance. Non, dans les difficiles négociations qui se tiennent entre Google et les éditeurs de presse français sur ordre de l'Elysée, la firme américaine n'est toujours pas prête à payer. Et si les dernières avancées dont LeMonde.fr se fait l'écho aujourd'hui serviront sans doute à certains à crier victoire, ce ne sera pourtant pas le cas.
"On va faire payer Google", était donc le cri de guerre de la presse française, réunie sous la bannière guerrière de Marc Feuillée, président du Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) et Nathalie Collin, présidente de l'association de la presse d'information politique et générale (IPG). Et si l'on en croit les informations du Monde.fr les choses avancent puisque " Google propose 50 millions d'euros à la presse française ".
Sauf que... Google ne vas pas payer. Google va collaborer, proposer ses services aux éditeurs pour qu'ils soient plus efficaces, leur faire crédit sur ses propres services, mais ne va pas payer, ou presque. Les 50 millions d'euros évoqués ne sont absolument pas du cash qui entrera dans les caisses des éditeurs une fois le chèque signé par Google. Quand bien même cela serait le cas, cela resterait une goutte d'eau dans l'océan des difficultés financières du secteur.
Mais même pas. Google ne propose pas de sortir 50 millions de ses caisses pour faire un chèque aux journaux français. Google propose des échanges et des services d'une valeur de 50 millions d'euros : " achat d'espace publicitaire par Google, sur les supports papier et numériques de la presse ; deuxièmement, une collaboration commerciale entre les éditeurs et le moteur de recherche ; troisièmement, l'utilisation par les éditeurs de la plateforme publicitaire AdSense de Google, sur laquelle le groupe américain leur garantirait un minimum de chiffre d'affaires ".
Le seul chèque que Google est prêt à faire se situerait entre 15 et 20 millions d'euros par an. Et pas pour dédommager les éditeurs de l'utilisation de leurs contenus comme ils le souhaitent, mais pour acheter de la publicité dans leurs journaux et sur leurs sites. Bref, Google ne paye pas, mais daigne seulement devenir un client comme les autres, et plus petit en volume que bien d'autres d'ailleurs.
15 à 20 millions d'euros d'achat de pub par an pour l'ensemble des éditeurs de presse en France. Pour rappel, en 2012, la presse écrite a enregistré un chiffre d'affaire publicitaire de 1,5 milliard d'euros. A peine une obole...
Pour le reste, Google ne paye pas. Google utilise l'une des plus vieilles ficelles commerciales, que les équipes des éditeurs connaissent bien elles-même : l'échange marchandise.
Donc non, Google ne paye pas pour utiliser les contenus de la presse française, pas qu'avec les éditeurs belges. Et ne semble pas du tout prêt à changer de position...






