L'Etat doit-il financer la presse ?


Un demi-milliard d'euros dépensés pour aider la presse et pourtant, elle continue d'aller mal. Un système jugé obsolète et peu incohérent dans le rapport de Michel Françaix, l'un des invités du débat de la semaine prochaine : l'Etat doit-il financer la presse ?

 

Les aides à la presse, un débat qui revient de plus en plus souvent sur la table depuis que, régulièrement, sont publiés les chiffres des différentes aides que l'Etat verse aux journaux français. En 2010, le défunt Owni avait publié une enquête sur le sujet dans laquelle était mis à la disposition du public un rapport détaillant sept années d'aides diverses, variées, parfois étranges et souvent très coûteuses. Puis une application mi-amusante, mi-navrante des aides les plus étonnantes, tels les 82 000€ accordés au Dauphiné Libéré pour sa nouvelle messagerie électronique...

 

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Sur ce même blog, en 2012, je publiais et détaillais les aides à la presse dans le budget du ministère de la Culture, soit la bagatelle d'un demi-milliard d'euros. Avec, à chaque fois, quelques surprises. 15 millions d'euros entre 2009 et 2011 pour l'opération "Mon journal offert", dont le ministère lui-même remet fortement en cause l'efficacité. Ou les 5 millions d'euros accordés pour aider les journaux à se vendre à l'étranger, là aussi avec une efficacité très discutable.

 

Car s'il y a un constat qui semble aujourd'hui indiscutable, c'est l'inefficacité d'un système jugé par beaucoup coûteux et obsolète. Cette conclusion, c'est celle du député Michel Françaix, dont le rapport remis il y a quelques mois, a mis les choses au clair : "dans le contexte de révolution industrielle que vit la presse, il convient de repenser de toute urgence les modalités de l'intervention de l'état". Un rapport largement analysé chez Owni, mais aussi chez Télérama à qui Michel Françaix déclarait que dans ce système d'aides à la presse  "Rien n'est cohérent".

 

Bref, ça ne fonctionne pas, ou mal, et ça coûte cher, très cher. Alors, que faire, concrètement ? Faut-il couper dans les aides ? Abandonner des pans entiers du secteur qui ne semblent plus vivre que sous perfusion ? Verser directement les aides aux journalistes, comme le proposait il y a peu Jacques Rosselin ? Tout remettre à plat ?

La question pourra être posée directement à Michel Françaix qui, mercredi 22 mai, participera au débat organisé sur le sujet par le Social Média Club de France à la Cantine. Autour de lui, Maurice Botbol, président du syndicat de la presse en ligne, Sylvie Clément-Cuzin de la direction générale en charge du dossier au ministère de la Culture, Patrick Eveno, Ari Assuied, président de Le Kiosk, Sophie Faure-Wharton du ministère de la Culture, Pascale Marie du syndicat des éditeurs de la presse en ligne et Xavier Spender, président de L'Equipe 24/24.

 

 

 

 

 

 


Par Erwann Gaucher le 17/05/2013 09:12:50

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