Et puis merde...


Après des années à parcourir les rédactions pour convaincre les sceptiques, faut-il jeter l'éponge ? Certains journalistes, certaines rédactions sont-elles foutues pour le numérique ?

 

Et puis merde...

Marre. Ras-le-bol. Sans raison particulière, mais là, tout de suite, j'en ai ma claque.  

Depuis des années, nous allons à la rencontre de ceux qu'on a pudiquement rebaptisé les "journalistes traditionnels". Depuis des années, nous allons dans des colloques, des séminaires, des formations, des réunions de rédaction. Le bâton de pèlerin numérique à la main, l'enthousiasme en bandoulière, on vient vous parler info en ligne. On vient essayer de vous donner envie, de vous dire que tout n'est pas perdu, que les médias ont un avenir qui ne se résume pas à voir les chiffres de ventes se casser la gueule.

 

Face à nous, encore, souvent, trop souvent des visages sceptiques, pour ne pas dire franchement hostiles. Alors on explique. On démine. On essaye de convaincre.

Non, " sur le web, on n'écrit pas que des conneries, et on ne sacrifie pas la qualité au buzz ".

Non, le numérique n'est pas une mode pour ado.

Si, on peut, et on fait déjà de l'info de qualité sur les sites.

Non, travailler sur Facebook, Twitter, Instagram, ce n'est pas " ne pas être sur le terrain ", terrain dont un bon paquet d'entre vous ne sait même plus à quoi il ressemble en dehors des conférences de presse, buffets et réunions officielles.

 

 


Non, ce n'est pas parce qu'on maîtrise dix outils techniques qu'on néglige les bases du métier, qu'on ne sait plus vérifier, recouper et hiérarchiser une info. Non, savoir embeder une vidéo ou prendre une photo avec un smartphone ne nuit pas à la qualité de son travail.
 

Oui, le web c'est simple, mais non, ce n'est pas de la magie et on ne peut pas faire de miracle avec deux geeks et trois bouts de ficelle dans un placard, nous aussi on a besoin d'un peu d'investissements.
 

On encaisse la condescendance méprisante de beaucoup. On se retient de vous dire que vu l'état dans lequel vous nous avez laissé les médias français depuis 20 ans, il n'y a vraiment pas de quoi la ramener.


On explique, encore et encore. On fait de la pédagogie. On vous montre des exemples. On vous répète qu'à une époque où les seules déclarations de Morsi ou de Sarkozy se font sur les réseaux sociaux, c'est important d'y être. Que lorsque les gens twittent les crash d'avion en direct, comprendre et utiliser Facebook, Twitter ou Instagram n'est pas une perte de temps, mais aussi important que de savoir passer un coup de téléphone ou trouver la bonne personne à interroger. Et je ne prends là que quelques exemples d'une semaine d'actualité en juillet...

 

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Nous tentons de vous dire que non, les commentaires des articles ne sont pas de simples discussions de café du commerce et que dans le lot,  il y a beaucoup de choses intéressantes à utiliser pour enrichir votre propre travail.
 

 

Depuis des années, on essaye de trouver un nouveau souffle pour les médias. De faire que leur déclin ne soit pas irréversible. Qu'ils rencontrent à nouveau un public.

Alors, quand en 2013, il faut encore se justifier de l'existence du numérique, quand on voit certains d'entre vous continuer de balayer d'un revers de main le travail des journalistes numériques, on a parfois envie de laisser tomber.
 

Débrouillez-vous. Laissez vos journaux, vos médias continuer leur lente agonie. Continuez de prendre les lecteurs pour des cons incapables de comprendre la qualité éblouissante de votre travail. Continuez de vous prendre pour des aigles et de nous regarder comme des linottes. On verra qui sera encore debout dans 10, 15, 20 ans...


Mais on ne vous dira pas ça. Parce qu'on y croit, en tout cas moi. Parce qu'on aime vraiment, profondément notre métier. Parce que, quand certains entendent et qu'on se met vraiment à bosser ensemble, ça donne de très belles choses. Parce que passé ce moment d'énervement, on reprendra le bâton de pèlerin. Parce que c'était juste un mouvement d'humeur,  un ras-le-bol passager. Mais on ne s'excusera plus d'avoir raison.

Allez, on y retourne....

 

 

 

 

 

 


Par Erwann Gaucher le 08/07/2013 07:35:58
GUY C.
la presse
| 13/07/2013 | 11:21
Bonjour, Il y a presse et presse =les correspondants de guerre ou de révolutions à l'étranger qui font un travail remarquable au risque de leur vie ou de l'enlèvement, et la presse people ou celle qui véhicule les idées dominantes du marché roi. Cependant il faut veiller au respect et à l'indépendance du métier des journalistes car leur rôle est difficile. Cependant =trop souvent ils donnent la priorité au spectaculaire au détriment des agissements nobles et de fond En 2005,j'ai publié un livre remercié par la coordination de la paix de l'UNESCO, présenté comme une initiative citoyenne remarquable = chaque 20 mars = jour du printemps de 2000 à 2005,j'ai adressé comme simple citoyen mes propositions pour la paix, la culture, les droits humains, l'éducation, à l'ONU ,l'UNESCO, l'Union Européenne, le Président français, etc. Publiées en livre ces propositions n'ont été relayées par aucun média ,Je m'en suis étonné auprès du journal à qui je l'avais présenté à une journaliste, et suite à cela j'ai été censuré, car j'avais osé contester une non mention du journal. J'ai sans doute fait une erreur, car je ne conteste pas l'indépendance des journalistes, mais de là à pénaliser une initiative citoyenne ,n'y a t-il pas à réfléchir ? Cordialement. Guy CREQUIE Poète, écrivain et chanteur
V. J.
Trois fois bof ...
| 09/07/2013 | 16:47
Encore un petit connard qui trépigne de ne pas jouer dans la cour des grands et qui empile des banalités qui feraient pleurer Slate de honte, tout ça pour ne pas dire qu'il a les boules de ne pas être éditorialiste au Monde. Continue tes boulots de merde et mieux, soit au chômage, tu seras moins nocif ....
Cyrille F.
Middle management ET direction
| 09/07/2013 | 13:38
Bonjour Erwann, Avec Cédric, on partage peu ou prou les mêmes expériences de formation et j'adhère aussi à son point de vue. J'ajouterais le problème de la direction, en manque de vision, tétanisée par la peur de l'échec, dans l'évitement du risque et souffrant dun cruel déficit pratique. Les meilleurs directeurs d'usine sont passés par la chaîne de montage, pour avoir un ancrage fort dans la réalité. Allez mange un Dany, ça ira mieux :)
et aussi... :
Témoignage | 09/07/2013 | 00:40
Dans le mur avec élan. | 08/07/2013 | 22:58
Oui.oui.oui! | 08/07/2013 | 22:51
... | 08/07/2013 | 20:19
Journalisme numérique | 08/07/2013 | 17:58
Foutus tout court | 08/07/2013 | 17:56
Et dire que... | 08/07/2013 | 16:59
Bravo... | 08/07/2013 | 16:18
| 08/07/2013 | 15:08
| 08/07/2013 | 15:01
| 08/07/2013 | 12:49
C'est bien d'y retourner | 08/07/2013 | 12:20
Ah ben merde... | 08/07/2013 | 10:49

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