Ce n'est pas la première fois que l'on enterre Owni. Mais ce pourrait bien être la dernière, hélas.
Alors oui, se diront sans doute certains, on s'y attendait. D'autres ne l'avoueront pas, mais l'espéraient en secret, tant Owni avait régulièrement joué les poils à gratter de notre petit monde, inclassable, énervant, innovant.
Oui, leur business plan n'était pas forcément très lisible. Non, on n'arrivait pas bien à les ranger dans une case. Rédaction hétéroclite et un peu foutraque, média, développeur, spécialistes du data-journalisme, enquêteurs, designers, formateur, créateur d'applis. Ils étaient tout ça à la fois, et un peu plus sans doute.
Média imparfait, comme tous les autres, média étonnant, pure-player hétéroclite, laboratoire de ce que beaucoup avaient envie d'essayer sans savoir, sans pouvoir, sans oser.
J'avais envie de faire un billet, de retracer leur histoire, leurs réussites, leurs échecs J'avais envie d'interroger les uns et les autres, les anciens partis voguer ailleurs depuis, ceux qui sont encore dans la soucoupe. Et puis non. Pas tout de suite. Pour le moment, juste envie de leur dire qu'on est nombreux à penser à eux. Bravo pour tout ce qui a été fait, ne lâchez rien, l'aventure ne fait que commencer. On a besoinde vous dans les autres rédactions pour continuer vos expériences un peu folles.
Owni n'est pas le premier média à disparaître, on le sait. Mais cette rédaction pourra au moins tirer le rideau la tête haute. Ils n'ont pas échoué au bout d'une lente agonie comme beaucoup d'autres. Ils ont essayé de faire bouger les choses, ont en partie réussi. Dans les colloques, lesconférences, séminaires et autres BarCamp, on dit souvent que les entreprises médias doivent expérimenter, essayer, apprendre à échouer pour avancer. Oser. C'est ce qu'Owni a fait.
Bravo à vous ! Vous pouvez être fiers de la soucoupe. C'est déjà énorme.







