Décidément, la presse allemande va mal elle aussi... Après l'annonce de la fin du Financial Times Deutschland et la mise en liquidation du quotidien le Frankfurter Rundschau, c'est au tour du magazine Der Spiegel d'annoncer une cure d'austérité.
Comme l'expliquait son directeur dans un entretient accordé au au Süddeutsche Zeitung, jeudi et repris par l'AFP, " Notre chiffre d'affaires global va baisser cette année de 6% à 307 millions d'euros, son niveau de 2003 ". L'édition papier du magazine, qui se vend encore à plus de 900 000 exemplaires chaque semaine, a perdu malgré tout plus de 10% de ses recettes publicitaires " et même les recettes de distribution pourraient être en baisse pour la première fois depuis de nombreuses années ", a-t-il expliqué.
Résultat : l'annonce d'une cure d'austérité au sein du magazine. Si des suppressions de postes ne sont pas encore annoncées, les salariés de l'hebdomadaire peuvent s'attendre à voir un certain nombre d'avantages passer à la trappe : " Les salariés du groupe Spiegel bénéficient de conditions de travail particulièrement bonnes, avec des services, des prestations sociales élevées et un salaire supérieur à la moyenne. C'est justifié puisque ce que nous produisons est aussi supérieur à la moyenne. Pour autant, des économies sont possibles dans tous les secteurs", a expliqué le directeur.
Les confrères français du Spiegel doivent-ils s'attendre au même diagnostic, et éventuellement au même traitement ? Du côté de L'Express, du Point, du Nouvel Obs ou de Marianne, les situations sont assez différentes.
Si Le Point est en léger recul depuis deux ans, il affiche malgré tout progression nette de ses ventes de 4,7% depuis 2006. Une performance rare dans le secteur de la presse papier française.
Le Nouvel Obs, de son côré, semble avoir stabilisé son recul des ventes. Après avoir perdu 2,5% entre 206 et 2010, il est légèrement reparti à la hausse cette année (+0,1%)
L'Express, lui, continue de voir ses ventes reculer depuis six ans : -3,8% et si situe depuis cette année derrière Le Nouvel Obs.
Quant à Marianne, la chute des ventes semble continue de plus belle : -9% entre 2006 et 2012.
| 2006 | 2008 | 2010 | 2012 | |
| L'Express | 538 798 | 558 896 | 527 109 | 518 339 |
| Le Point | 406 241 | 440 002 | 426 921 | 425 470 |
| Le Nouvel Obs | 537 502 | 536 162 | 524 240 | 525 040 |
| Marianne | 284 082 | 291 280 | 272 860 | 259 652 |
Chiffres OJD
Côté chiffre d'affaires publicitaires, l'ensemble du secteur souffre également. Pas autant que les quotidiens, qui selon france Pub ont encore enregistré un recul de 6,7% au premiers semestre 2012 par rapport à 2011 (après un recul de 5,7% l'année précédente). Mais un recul assez marqué quand même : -3,5%
La situation n'est donc pas aussi alarmante qu'au sein de Der Spiegel, mais si la tendance à la baisse du marché publicitaire du secteur des magazines se confirme sur le second semestre 2012 et début 2013, il ne serait pas étonnant de voir les hebdos français commencer à serrer eux aussi les cordons de la bourse ...







