La méthode Hollande appliquée à Google


François Hollande a donc signé un accord avec Eric Schmidt. Google paiera 60 millions d'euros pour un fonds qui aidera la presse française à se moderniser. Un accord à la Hollande qui permet à tout le monde de crier victoire mais ne règle rien.

La méthode Hollande, la fameuse méthode de la synthèse qui a fait le succès du président de la République lorsqu'il dirigeait le PS et qui lui est maintenant régulièrement reprochée, a donc été appliquée dans le bras de fer opposant Google aux éditeurs de presse français.

 

Hier, tout ce beau monde s'est donc réuni à l'Elysée pour trouver un accord, comme l'expliquait hier l'Elysée :

Capture d'écran 2013-02-02 à 10.50.45

 

Un accord "à la Hollande" pur jus, à l'issue duquel tout le monde peut affirmer être sorti gagnant.

 

Les éditeurs de presse ont gagné, oui mais...

Les éditeurs de presse, qui ne vont pas se gêner de clamer sur tous les toits que, oui, en France, les journaux ont fait plier le géant Google et qu'il a payé. Oui, Google va donc leur payer 60 millions d'euros, sauf que...

La Google Lex que les éditeurs réclamaient est donc enterrée par cet accord.

La somme de 60 milions d'euros fait office de dédommagement forfaitaire, un peu comme ce fut le cas il y a quelques semaines avec les éditeurs belges. Pas question d'une taxe annuelle ou d'y revenir de sitôt. Et surtout, Google n'a pas toujours payé pour ce qui constitue le coeur de son bras de fer avec les éditeurs de presse un peu partout dans le monde : le contenu. Google ne verse pas cet argent en "dédommagement" de son utilisation des contenus des journaux en ligne, ce que lui reprochaient ces derniers, mais pour aider la presse à faire sa mue numérique. La nuance est de taille...

Et pour la presse, reste donc maintenant à se déchirer en interne. Car cet argent n'est pas un chèque à verser aux journaux directement. " Google abondera un fonds d'aide à la transition numérique pour la presse à hauteur de 60 millions d'euros. Le fonds aura vocation à financer des projets de "changement structurels", après décision d'une commission. Seule la presse d'information généraliste - "pure players inclus" - seront éligibles à l'aide de ce fonds "précise LeMonde.fr

La presse d'information généraliste, c'est à dire les quotidiens nationaux mais aussi les 66 quotidiens régionaux, les newsmags tels que L'Express, Le Point, Le Nouvel Obs, Marianne, auxquels il faut donc ajouter les pures-players... soit entre 80 et 100 acteurs éligibles à ce fonds de 60 millions d'euros. A vos caculettes, au final cela risque de ne pas faire bien lourd pour chacun. Ou pire, encore une fois ce sont les très gros acteurs du secteur qui raffleront le gros de la mise, ce qui ne pèsera pas grand chose dans leurs propres comptes et ne laissera que les miettes aux autres....

 

Google va payer mais ...

Quant à Google, la firme de Mountain View a elle aussi quelques raisons de se dire gagnante dans cet accord. Elle ne paye finalement qu'une somme infime au regard du milliard d'euros de chiffre d'affaires que l'entreprise génère en France. Une goutte dans un océan de bénéfices qui lui permet, surtout, d'éviter toute jurisprudence en matière de "taxe Google" ou de reconnaissane de l'utilisation des contenus des éditeurs qu'elle référence.

Au passage, Google enterre sûrement un autre bras-de-fer potentiellement plus coûteux, celui qui l'oppose actuellement au fisc français qui, selon La Tribune, pourrait lui réclamer juqu'à 1,7 milliards d'euros. L'accord signé à l'Elysée n'en parle bien évidemment pas, mais ce serait là une bien mauvaise manière de traiter un nouveau "partenaire".

La méthode Hollande en somme.

 

 

Par Erwann Gaucher le 02/02/2013 10:49:47
me y.
maintenant au tour de yahoo?
| 10/02/2013 | 19:08
google ne permet que de lire 2 à 3 lignes du contenu quand yahoo donne plus de 50% d'un article. la presse s'enflamme pour rien. dans tous les cas, sa demande est illégitime car une part énorme du flux de visiteurs des sites de médias viennent de google actualité. au final, ils ont eu des cacahuètes, mais bon en ces temps difficiles où ils n'arrivent plus à vendre leur vent à des lecteurs de plus en plus conscients, 60M€ ça ne se refuse pas hein?

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